LE MONDE

Le parfum de notre passé

Écrit par
Lisa Tant
Les roses d’Héliogabale d’Alma-Tadema (1888)
Portrait de Louis XIV, 1701 (reproduction de Studio Hyacinthe Rigaud)
Bouteille de parfum d’époque
Estée Lauder. Photo gracieusement fournie par Estée Lauder
Coco Chanel de Boris Lipnitzki, 1936

Un symbole de séduction.

Le sceau de la richesse.

Le Saint-Graal.

Une arme toxique.


Les fleurs, qui sont pour nous une obsession constante, sont à la base de tous les parfums. Nous vous présenterons les dernières nouvelles et les faits les plus fascinants en matière de parfum, mais d’abord, un peu d’histoire...


L’expression latine per fumum signifie « par la fumée ».


En Égypte antique, on croyait que les parfums étaient constitués de la sueur des dieux. Ainsi, ils étaient particulièrement prisés. Selon la légende, Cléopâtre aurait enduit les voiles de son navire d’huiles parfumées en témoignage de son pouvoir de séduction. En Grèce antique, les parfums portaient le nom de déesses. Les anciens Romains, quant à eux, se prélassaient dans des bains parfumés. La première parfumeuse de l’histoire aurait soi-disant été une femme babylonienne du nom de Tapputi. C’est la manière habile avec laquelle elle extrayait le parfum du bois ou de la résine en utilisait divers solvants qui a jeté les bases de l’histoire du parfum. En effet, aux quatre coins du monde, des individus de diverses cultures se sont mis à produire des parfums réservés à la royauté et aux personnalités religieuses.


Les parfums étaient constitués d’un mélange de pétals de fleurs, de fruits (orange, lime, vanille), de résines (myrrhe et encens), de racines (vétiver et verveine), d’épices (cannelle), de bois et même de graisses animales (musc et ambre gris). Le processus de fabrication a été amélioré au fil des siècles tandis que les différentes cultures et personnalités (les membres de la royauté, les conquérants et, plus tard, les célébrités) ont développé leurs savoirs. Au XIè siècle, à la suite de leurs voyages dans les pays arabes et en Extrême-Orient, les croisés ont apporté du parfum de musc, d’ambre, de jasmin et de rose en Europe. Venise, qui était à l’époque la plaque tournante des voyages de Marco Polo, est vite devenue la capitale européenne du parfum.

Le premier parfum moderne, constitué d’un mélange d’huiles de lavande et de romarin dans une solution d’alcool, a été fabriqué en 1370 à la demande de la reine Élisabeth de Hongrie. Appelé « eau de Hongrie », ce parfum a plus tard été perfectionné en Italie et en France. Peu de temps après, la France est devenue l’épicentre de la production de parfum. Quelques centaines d’années plus tard, le parfum était utilisé par les riches et les membres de la royauté pour masquer les odeurs corporelles. Puisque le peuple croyait que les maladies se propageaient dans l’eau, le parfum semblait une option plus attrayante que le savon. On en mettait partout, y compris sur les meubles, et les gants parfumés ont énormément gagné en popularité. (Le parfum permettait également de masquer l’odeur du cuir). D’astucieux chimistes se sont même mis à mélanger certains parfums à du poison, et ce type de concoction est malheureusement devenu un moyen assez populaire d’assassiner les membres de la cour : on imbibait des gants ou des morceaux de tissus de ces parfums toxiques, qui étaient ensuite absorbés par la peau.


L’univers du parfum a connu son apogée à la cour de Louis XIV, que l’on désignait à l’époque « la cour parfumée ». Le Roi exigeait un parfum différent chaque jour dans ses appartements. Les membres de sa cour avaient également leur propre parfum personnalisé.


‍À la fin du XIXè siècle, la conception de parfum a été révolutionnée par l’ajout d’ingrédients synthétiques. Plutôt qu’un produit luxueux destiné à la royauté, le parfum, autrefois constitué de fleurs, d’épices et d’herbes, est devenu un petit plaisir produit en masse et a rapidement été intégré à la routine quotidienne de la population mondiale. Bon nombre des plus grands parfumeurs du monde, notamment Guerlain, Roger et Gallet et Coty, se sont établis en France. La cultivation de fleurs pour leur essence a été concentrée dans le sud (plus chaud et ensoleillé), à Grasse, qui est aujourd’hui reconnue comme la capitale du parfum. Des kilomètres et des kilomètres de champs de roses, de lavande et de jasmin y sont cultivés, puis transformés en nouveaux parfums par des « nez » professionnels de la Côte d’Azur.

Un symbole de séduction.

Le sceau de la richesse.

Le Saint-Graal.

Une arme toxique.


Les fleurs, qui sont pour nous une obsession constante, sont à la base de tous les parfums. Nous vous présenterons les dernières nouvelles et les faits les plus fascinants en matière de parfum, mais d’abord, un peu d’histoire...


L’expression latine per fumum signifie « par la fumée ».


En Égypte antique, on croyait que les parfums étaient constitués de la sueur des dieux. Ainsi, ils étaient particulièrement prisés. Selon la légende, Cléopâtre aurait enduit les voiles de son navire d’huiles parfumées en témoignage de son pouvoir de séduction. En Grèce antique, les parfums portaient le nom de déesses. Les anciens Romains, quant à eux, se prélassaient dans des bains parfumés. La première parfumeuse de l’histoire aurait soi-disant été une femme babylonienne du nom de Tapputi. C’est la manière habile avec laquelle elle extrayait le parfum du bois ou de la résine en utilisait divers solvants qui a jeté les bases de l’histoire du parfum. En effet, aux quatre coins du monde, des individus de diverses cultures se sont mis à produire des parfums réservés à la royauté et aux personnalités religieuses.


Les parfums étaient constitués d’un mélange de pétals de fleurs, de fruits (orange, lime, vanille), de résines (myrrhe et encens), de racines (vétiver et verveine), d’épices (cannelle), de bois et même de graisses animales (musc et ambre gris). Le processus de fabrication a été amélioré au fil des siècles tandis que les différentes cultures et personnalités (les membres de la royauté, les conquérants et, plus tard, les célébrités) ont développé leurs savoirs. Au XIè siècle, à la suite de leurs voyages dans les pays arabes et en Extrême-Orient, les croisés ont apporté du parfum de musc, d’ambre, de jasmin et de rose en Europe. Venise, qui était à l’époque la plaque tournante des voyages de Marco Polo, est vite devenue la capitale européenne du parfum.

Portrait de Louis XIV, 1701 (reproduction de Studio Hyacinthe Rigaud)
Bouteille de parfum d’époque

Le premier parfum moderne, constitué d’un mélange d’huiles de lavande et de romarin dans une solution d’alcool, a été fabriqué en 1370 à la demande de la reine Élisabeth de Hongrie. Appelé « eau de Hongrie », ce parfum a plus tard été perfectionné en Italie et en France. Peu de temps après, la France est devenue l’épicentre de la production de parfum. Quelques centaines d’années plus tard, le parfum était utilisé par les riches et les membres de la royauté pour masquer les odeurs corporelles. Puisque le peuple croyait que les maladies se propageaient dans l’eau, le parfum semblait une option plus attrayante que le savon. On en mettait partout, y compris sur les meubles, et les gants parfumés ont énormément gagné en popularité. (Le parfum permettait également de masquer l’odeur du cuir). D’astucieux chimistes se sont même mis à mélanger certains parfums à du poison, et ce type de concoction est malheureusement devenu un moyen assez populaire d’assassiner les membres de la cour : on imbibait des gants ou des morceaux de tissus de ces parfums toxiques, qui étaient ensuite absorbés par la peau.


L’univers du parfum a connu son apogée à la cour de Louis XIV, que l’on désignait à l’époque « la cour parfumée ». Le Roi exigeait un parfum différent chaque jour dans ses appartements. Les membres de sa cour avaient également leur propre parfum personnalisé.


‍À la fin du XIXè siècle, la conception de parfum a été révolutionnée par l’ajout d’ingrédients synthétiques. Plutôt qu’un produit luxueux destiné à la royauté, le parfum, autrefois constitué de fleurs, d’épices et d’herbes, est devenu un petit plaisir produit en masse et a rapidement été intégré à la routine quotidienne de la population mondiale. Bon nombre des plus grands parfumeurs du monde, notamment Guerlain, Roger et Gallet et Coty, se sont établis en France. La cultivation de fleurs pour leur essence a été concentrée dans le sud (plus chaud et ensoleillé), à Grasse, qui est aujourd’hui reconnue comme la capitale du parfum. Des kilomètres et des kilomètres de champs de roses, de lavande et de jasmin y sont cultivés, puis transformés en nouveaux parfums par des « nez » professionnels de la Côte d’Azur.

Estée Lauder. Photo gracieusement fournie par Estée Lauder
Coco Chanel de Boris Lipnitzki, 1936

Au début des années 1900, Paul Poiret a créé le premier parfum associé à la mode haute-couture. Ses manteaux exotiques de style kimono, ses pantalons harem et ses turbans faisaient écho à l’inspiration derrière ses arômes. Les petites bouteilles qui contenaient cette « essence » sont devenues tout aussi complexes et ont rapidement attiré l’œil des collectionneurs. À partir de ce moment, il n’était plus possible de faire marche arrière.


Les années 1920 ont connu la montée en puissance de l’une des femmes d’affaires les plus futées des temps modernes. Élégante, petite et incroyablement chic, Coco Chanel a lancé sa révolution du style en ouvrant une petite chapellerie en 1921. Peu de temps après, sa recherche d’un nouveau parfum audacieux et rafraîchissant l’a menée à utiliser des aldéhydes, produits chimiques gazeux. C’est sur cette note synthétique qu’est né Chanel No 5, mélange de jasmin, de rose, de vanille et de santal, encore reconnu aujourd’hui comme l’un des parfums les plus populaires du monde entier et qui célèbrera son centième anniversaire en 2021.


Trente ans plus tard, une autre femme d’affaires futée et novatrice, Estée Lauder, a créé Youth Dew à New York. Portant le nom de l’une de ses crèmes pour la peau les plus couronnées de succès, Youth Dew a été produite sous la forme d’une huile pour le bain dans l’objectif de créer un engouement pour le port de parfum au quotidien.


Au XXIè siècle, chaque célébrité a son propre parfum. Tous les boys bands, vedettes pop, chanteuses d’opéra, acteurs hollywoodiens (les légendes autant que les petits nouveaux) vendent des millions de bouteilles et sortent pratiquement un nouveau produit chaque année. Les maisons de couture se fient sur le produit de la vente de parfums pour financer leur entreprise. En outre, les parfums sont le reflet de la réalité de notre époque, puisqu’ils s’inspirent davantage du style de vie plutôt que du sexe des consommateurs et consommatrices. Trouvant ses racines dans les civilisations anciennes, le parfum est le produit de luxe intemporel par excellence.


Le saviez-vous?

Selon un rapport de Grand View Research, il est prévu que le marché mondial du parfum représente plus de 91 milliards de dollars d’ici 2025.

Coco Chanel de Boris Lipnitzki, 1936